D'abord Benoît Canis de Vert-tige, qui nous a résumé la situation et les enjeux pour l'agriculture bio d'ici 2012. Les objectifs du Grenelle sont ambitieux en terme de surface (de 2 à 6% en bio d'ici 2012) et nous manquons d'agriculteurs pour répondre à la demande des consommateurs et des collectivités. D'un autre côté, les agriculteurs conventionnels ne savent pas très bien par quel bout prendre une envie de reconversion. On leur supprime certains pesticides et ils espèrent trouver une recette bio miracle qui le remplacera au pied levé.

Or l'agriculture bio, c'est un état d'esprit, une écoute, une observation attentive de la nature et une reflexion globale, une approche holistique en fait. On soigne le terrain un peu comme en homéopathie, on renforce les défenses naturelles de la terre et des végétaux, on brouille les pistes des prédateurs, ou on encourage les prédateurs des prédateurs de nos cultures (...là on voit vraiment que c'est une réflexion globale !!!).

Aujourd'hui, l'agriculteur bio doit payer pour prouver qu'il ne pollue pas, alors que la PAC accorde des subventions aux agriculteurs conventionnels dont on sait qu'ils participent à la pollution de l'air et de l'eau...d'où la nécessité pour une société de se mobiliser pour faire connaître ses choix en matière de consommation alimentaire. Les agriculteurs bio seuls ne sont pas assez nombreux pour faire changer la PAC, mais nous consommateurs, nous pouvons influencer.

Cécile Dubart de Terre de Liens nous fait part du très beau projet de cette association qui aide les agriculteurs à s'installer et à trouver de la terre à cultiver. Car un des problèmes cruciaux réside là. Que voulons-nous faire de notre terre ? Comment allons-nous manger ce que nous ne pourrons pas cultiver faute de surface ? La pression immobilière, la spéculation rendent difficile l'accessibilité des agriculteurs à la terre.

La fondation Terre de liens est née de ce constat et propose une épargne solidaire à des consommateurs comme vous, comme nous, en investissant dans de la terre agricole pour la faire cultiver selon une charte. Les citadins peuvent enfin aider concrètement des agriculteurs bio !

Une autre manière d'aider les agriculteurs, s'est de s'engager avec eux sous forme d'AMAP. Perrine nous fait part de son expérience de création de l'AMAP de la Madeleine, sachant que les 2 AMAP de l'agglomération Lilloise sont saturées de demandes et qu'il devient difficile de trouver des agriculteurs bio locaux pour fournir des paniers de leur production en échange d'un abonnement et d'un engagement de solidarité vis à vis des aléas de production.

Enfin Hafid Djellad nous parle des Jardins de Cocagne qui sont les précurseurs de l'abonnement aux paniers de légumes, mais ont surtout développé un volet social très important, car l'association aide des personnes à se réinsérer socialement et professionnellement. Le Chênelet, à Landrethun-le-Nord (62), est un modèle de diversification et de recherche d'autonomie, car l'exploitation produit non seulement des légumes vendus en paniers mais aussi du bois de construction et des briques de terre crue destinés aux besoins de l'association en terme de bâtiments autoconstruits. Des ateliers de nutrition, de gestes et postures, d'estime de soi sont développés pour améliorer la santé physique et mentale des personnes en réinsertion.

Le Chênelet expérimente de nouvelles techniques de culture, comme la culture en billons rehaussés et l'absence de labour.

Hafid souligne l'inadéquation des formations agricoles pour l'agriculture bio. "On forme des gestionnaires !" Il met également l'emphase sur la corrélation entre cancers et problèmes environnementaux.

A l'issue de cette soirée qui a permis à de remarquables intervenants de s'exprimer, et au public de leur poser des questions parfois très pratiques, on se sent plein d'espoir en l'avenir. Cette énergie positive, perceptible par tous au cours de la soirée, se transmet et nous donne la pêche pour continuer à promouvoir la bio, même dans un contexte de crise !

Le compte-rendu complet de cette soirée se trouve tout en bas de l'article.

Où trouver des fruits et légumes bio produit localement  ?

Adresses bio près de Verlinghem :

  • Vert'tige, aux halles de Wazemmes, du mardi au dimanche.
  • Réagir à Lestrem, Les serres du Paradis, 683 Rue Derrière 62136 Lestrem.
  • Alain Lambin de Quesnoy-sur-Deûle sans traitements et avec engrais naturels. Présent au marché Place de l'Eglise à Lompret le vendredi, au marché de St-André le samedi matin (place principale) et au marché de Quesnoy le dimanche matin. Son nom est indiqué sur le stand.
  • Produits paysans, 35 bis rue de Messines à Verlinghem : ouvert le mardi de 15h à 19h, le vendredi et le samedi de 9h à 12h30 et de 15h à 19h. Certains produits sont traités, d'autres non.
  • Panier vert à Frelinghien (Rond Point de la Croix au bois) : produits locaux de saison, pas encore de bio sauf le miel qui est produit par un apiculteur qui soigne ses abeilles de manière naturelle.